dimanche 27 janvier 2013

La sécurité à Buenos Aires


La sécurité est un thème important à Buenos Aires, qui ressort très rapidement dans les conversations avec les Argentins. Le sujet principal est la récurrence des vols et autres arnaques, qui peuvent parfois déboucher sur des violences physiques.

Pour autant, il est extrêmement rare d'éprouver un sentiment d'insécurité dans les principaux quartiers de la ville. Au contraire, on se sent rapidement à l'aise à Buenos Aires en raison de nombreuses ressemblances avec l'Europe qui donnent une impression d'être un peu chez soi : ressemblance physique très forte entre Argentins et Européens, architecture européenne, larges avenues, etc. De plus, il n'est pas courant de croiser des bandes de jeunes qui s'amuseraient à provoquer les passants comme cela peut arriver en France. La délinquance argentine est généralement beaucoup plus discrète et cachée. En tout cas dans la journée dans les quartiers principaux.


Néanmoins, les vols et petites escroqueries sont monnaie courante car toute une partie de la population est en situation de grande pauvreté, voire de misère, et qu'il n'existe pas de minimas sociaux pour tous. Une certaine frange de la population est ainsi poussée vers la délinquance pour survivre. La plupart des vols se font toutefois sans violence et avec une grande habileté. Autre spécificité argentine : l'art de la mise en scène avec des complices. Une astuce courante consiste à tâcher les affaires d'un touriste (par exemple avec un yaourt), demander à un complice de lui signaler les tâches et lui proposer de l'aider pendant qu'un autre complice dérobe intégralement le pauvre "pigeon" dont l'attention est ainsi détournée.

D'autres petites arnaques sont également dites courantes comme le fait de ne pas rendre exactement le montant dû en monnaie, ou de remettre quelques faux billets.

Enfin, il existe aussi des tentatives d'intrusion dans les immeubles et les appartements pour obtenir de l'argent sous divers prétextes. La consigne de base des Argentins est donc la suivante : laisser sonner l'interphone au moins 2 fois avant de répondre, à moins d'attendre quelqu'un.
 
D'ailleurs en y regardant bien, quelques indices nous informent de la nécessité de rester vigilant :
- la plupart des "kioskos", petits magasins vendant à toute heure des snacks et confiseries, sont protégés par des grilles et des vitres avec seulement une petite ouverture type "guichet" pour commander et payer ses achats au vendeur.
- dans les secteurs très fréquentés, de nombreuses personnes portent leur sac à dos devant ou gardent leurs mains sur leurs sacs, poches et autres ouvertures.
- lorsque l'on s'approche un peu rapidement de quelqu'un, il est courant que cette personne porte instinctivement la main à son sac (ou à son arme pour les policiers).

Au niveau des immeubles, d'autres systèmes de protection sont également mis en œuvre contre l'intrusion de voleurs ou arnaqueurs :
- les balcons sont généralement entièrement grillagés (du sol au plafond) jusqu'au 3ème ou 4ème étage.
- les fenêtres des petites maisons sont également toujours protégées par des grilles, persiennes ou volets toujours abaissés (ce qui réduit quand même l'intérêt de vivre dans une maison à Buenos Aires).
- lorsqu'ils reçoivent de la visite ou une livraison, les Argentins n'ouvrent jamais la porte de leur immeuble par l'interphone mais descendent ouvrir en personne afin de vérifier l'identité de la personne. Généralement les portes des immeubles sont vitrées pour permettre de jeter un coup d’œil sans avoir à ouvrir la porte. Il n'est donc pas rare de voir des gens attendre en bas des immeubles : ce sont simplement des personnes qui attendent que leur hôte descende les chercher.

Balcons grillagés


Un petit mot sur les interphones : ils sont entièrement anonymisés. Jamais de noms, seulement des boutons en face du numéro de l'étage et de l'appartement. Les habitants protègent ainsi leur identité. Le traumatisme des nombreux enlèvements durant la dernière dictature ne doit pas y être pour rien.

Interphone


Nous n'avons personnellement jamais eu à souffrir de ces diverses arnaques, mais nous connaissons plusieurs étrangers qui se sont fait voler, et un homme averti en vaut deux.

Nous conseillons donc aux voyageurs :
- de ne pas se faire trop remarquer en sortant les iphones, ipod, portefeuilles ou autres objets de valeur dans la rue. Et ce même si de nombreux Argentins utilisent leurs iphones dans les bus.
- de s'habiller plutôt simplement, toujours pour ne pas trop éveiller l'attention.
- de privilégier des sacs pouvant se porter en bandoulière et dont toutes les poches peuvent se fermer.
- de ne pas se balader avec de grosses sommes d'argent, ou au moins de ne pas garder les sommes importantes dans son porte-monnaie mais dans une enveloppe à part. Idem pour les papiers d'identité.
- d'éviter d'emmener sa carte de crédit sauf si c'est absolument nécessaire (retrait d'argent ou achat important prévu).
- de se contenter de circuler avec une photocopie de son passeport, et de laisser le passeport en sécurité chez soi.
- de toujours garder un œil sur ses affaires, que ce soit dans la rue, au café ou au restaurant.
- de suivre les conseils des guides touristiques et des Argentins : s'il est déconseillé de se rendre dans tel ou tel quartier à pied à telle ou telle heure, ce n'est pas pour rien.

Pour autant, ne sombrez pas non plus dans la paranoïa et gardez bien en tête que les Argentins ont tendance à mettre beaucoup d'emphase dans ce qu'ils racontent... les racines méditerranéennes probablement :-)

mardi 22 janvier 2013

Le spectacle Rojo Tango à l'Hôtel Faena, une soirée inoubliable

Dimanche soir fut une soirée exceptionnelle : tout a commencé avec le coup de téléphone inattendu de notre maestro de tango pour nous inviter à assister à l'un des spectacles de tango auquel il participe.

Nous nous sommes ainsi retrouvés 2 heures plus tard entassés à 5 dans un taxi (nous deux, le maestro, et un autre couple avec lequel nous suivons le même cours), direction l'hôtel Faena & Universe dans le quartier huppé de Puerto Madero. Ce voyage a été l'occasion d'apprendre qu'il s'agissait de l'hôtel 5 étoiles le plus luxueux de Buenos Aires, et que nous allions assister gratuitement à un spectacle de premier rang coûtant normalement 300 dollars américains par personne !

Extrêmement travaillée et se voulant très originale, la décoration de l'hôtel nous a impressionnés. Que l'on aime ou non le résultat, qui est parfois assez kitsch, il faut reconnaître l'impression générale de faste et d'opulence qui en résulte. Voici quelques salles devant lesquelles nous sommes passés (les photos ne sont pas de nous) :

le couloir

La piscine avec sa fontaine en forme de couronne

Une salle à manger

Une autre salle à manger

Un salon
Nous vous épargnons les toilettes toutes en marbre et aux robinets en forme de cou et tête de cygne...
 
Le spectacle avait lieu quant à lui dans la salle de cabaret, où des rafraîchissements sans alcool nous ont été offerts par la maison. Nous avons particulièrement apprécié le geste dans la mesure où les prix de la carte commençaient à 70 pesos, ce qui nous a quand même donné une petite sueur froide en arrivant.

Le cabaret, dos à la scène

La cabaret, face à la scène

Dans cette ambiance feutrée et intime, où nous étions une vingtaine de spectateurs pour une vingtaine d'artistes, nous avons ainsi assisté pendant une heure et demie au spectacle "Rojo Tango", qui retrace l'histoire du tango.

Quatre couples de danseurs, plus le couple invité (notre maestro et sa partenaire), ont ainsi évolué de concert ou successivement sous les projecteurs pour nous faire revivre les grandes tendances et évolutions du tango, et incarner les différents thèmes auxquels renvoie l'imaginaire collectif de cette danse : le tango des mauvais quartiers et des prostituées, le tango comme danse sociale acceptée, le tango comme moyen d'expression des sentiments amoureux (rencontre, passion, jalousie, séparation), et la fusion du tango avec la danse contemporaine. Mais surtout et avant toute autre chose : le tango comme danse de séduction.

Ce spectacle fut un véritable plaisir pour les yeux, grâce à la virtuosité des danseurs enchaînant sans relâche des figures extrêmement compliquées et rapides tout en dégageant une incroyable impression de souplesse et de légèreté, en parfait accord avec la musique. De plus, nous avons pu admirer une quantité impressionnante de costumes, robes, accessoires, bijoux et chaussures de grande qualité et tous plus scintillants les uns que les autres, les danseurs et les chanteurs se changeant intégralement entre chaque danse.


Côté musical, nous avons également été gâtés par la présence de deux excellents chanteurs et d'un très bon orchestre composé de deux bandonéons, un piano, un violon et une contrebasse.

Dans la mesure où il était interdit de prendre des photos du spectacle, nous ne vous proposons ici que quelques photos que l'on peut trouver sur Internet, mais qui vous donneront quand même une idée :








Enfin, la soirée s'est clôturée par un souper au restaurant en compagnie de notre maestro.
Un grand merci à lui pour ce spectacle inoubliable !!!


samedi 12 janvier 2013

Galette des rois : épisode 2

De nouvelles galettes des rois ont fait leur apparition !!! La pâtisserie-confiserie près de chez nous proposait aujourd'hui deux autres types de couronnes des rois en plus de la couronne aux fruits confits :
- une couronne simplement recouverte de crème pâtissière ("pastelera") avec un peu de sucre glace;
- et une couronne aux amandes recouverte de beaucoup de sucre glace.

Notre esprit gourmand a eu raison de nous : nous avons donc craqué pour la couronne aux amandes... dont nous avons déjà englouti la moitié à l'heure où nous écrivons cet article. Il faut dire que cette fois-ci la brioche est plutôt réussie, avec une pâte mêlée de poudre d'amandes et un cœur fondant à la pâte d'amande pure. Mmmm....



Nous avons également aperçu dans une la vitrine d'une autre boulangerie une couronne des rois tressée au chocolat semble-t-il. Peut-être à tester aussi si nous la retrouvons dans une autre boutique, avec les fourmis en moins (pas très rassurant sur l'hygiène de l'établissement). To be continued....

mercredi 9 janvier 2013

La galette des rois argentine : " la rosca de reyes"

En Argentine aussi l'épiphanie est l'occasion de manger des galettes des rois. Mais ici, c'est une fois encore l'influence latine qui règne avec les couronnes des rois ("roscas de reyes") et non la galette de frangipane. Pour une fois, la version argentine est donc un peu plus diététique et digeste que notre bonne vieille galette, même si les amateurs de galettes répondront qu'elle est aussi moins savoureuse...
Cela dit nous avons tout de même vu dans certaines boulangeries des gâteaux ressemblant aux galettes de frangipanes, mais plus épais et surtout fourrés de crème ou de fromage style ricota.

A l'oeil, les couronnes des rois argentines ressemblent plus ou moins à ce que l'on peut trouver dans le sud de la France, ou en Espagne et au Portugal, mais avec une petite touche locale :


On retrouve la présence de quelques fruits confits sur la couronne, mais moins nombreux que sur les couronnes du sud de la France. Et surtout la couronne est recouverte d'une couche de crème pâtissière, comme c'est le cas de plusieurs viennoiseries ici.

Niveau texture, on reste quand même loin de la pâte à brioche à la française. La pâte est beaucoup plus compacte. Mais son très léger parfum d'agrumes n'est pas désagréable.

Enfin, une différence de taille et source de déception pour les prétendants à la royauté : ni santons ni fèves dans les roscas de reyes argentines...


dimanche 6 janvier 2013

La Boca



La Boca (l'embouchure) est un quartier de Buenos Aires situé au sud-est de la ville. Il est longé par le fleuve  Riachuelo qui se jette dans l'ancien port (d'où son nom).

Le quartier de la Boca au sud de San Telmo et de Puerto Madero

La statue de Martin Quinquela (quartier de la Boca)
En fait, la Boca est l'emplacement exact où se situait la première ville de Buenos Aires qui s'est développée le long de ce fleuve au XIXème siècle. Les usines désaffectées qui longent le fleuve témoignent d'une forte croissance économique à ce moment là. Les gens de l'époque, accoutumés aux crues du Riachuelo vivaient dans des habitations précaires en tôle ou en bois toujours présentes aujourd'hui et surtout toujours habitées! Au cours du XXème siècle, des vagues d'immigrants attirées par l'activité portuaire sont arrivées de tout le bassin méditerranéen et principalement d'Italie (Gêne). La concentration d'Italiens était si importante qu'en 1882 on dressa le drapeau génois


Quelques habitations précaires toujours habitées
Aujourd'hui, le port et les usines de la Boca sont désaffectés et la misère se fait sentir autour de la rue Caminito, qui concentre l'ensemble des activités touristiques du quartier, ce qui en fait la seule rue "sûre" dans ce secteur réputé très mal famé. Les Boliviens, Péruviens et Paraguayens ont remplacés les Italiens d'hier et habitent aujourd'hui les cabanes de tôle et de bois dans des conditions plus que précaires.



En raison de la forte insécurité régnant dans le quartier, il est fortement déconseillé aux touristes de s'aventurer hors de la rue Caminito, qui se retrouve ainsi bondée en journée. La présence policière est généralement forte mais il est préférable de se rendre à la Boca avec le moins d'argent et de papiers possible.



Des vendeurs ambulants proposent des souvenirs dans la rue Caminito
Caminito compte de nombreux restaurants et cafés où se reposer les jambes

En tant que ville originelle de Buenos Aires, la Boca a engendré le Tango Argentin ainsi que toute une culture artistique issue de la population prolétaire de l'époque. C'est ainsi qu'elle est devenue aujourd'hui un lieu incontournable pour tous les fans de tango et d'art. De nombreux danseurs de rue se donnent en spectacle dans les restaurants sur de la musique live pour attirer les clients. On vous proposera sûrement de prendre une photo de vous à leur côté et de laisser quelques pourboires.

Danseurs de tango devant la devanture d'un café
Les galeries d'art de Caminito valent également le coup d'oeil. Elles recèlent de petites maisons colorés qui abritent des magasins de souvenirs et on y trouve de nombreuses peintures et autres fresques souvent liées au Tango.







Fresque murale représentant des danseurs de tango



Diego Maradona
La Bombonera !
Et enfin pour les fanatiques de football (ici le futbol), n'oublions pas que le quartier de la Boca abrite la Bombonera! J'ai nommé le stade Alberto J. Armando de Boca Juniors. Il a été inauguré le 25 mai 1940 et Diego Maradona a déclaré un jour que c'était le temple mondial du Football. Son surnom lui vient d'un cadeau fait à l'architecte Viktor Sulcic pendant la construction: une boîte de chocolat ("Bombonera" en espagnol) ayant la forme du stade. Il avait l'habitude de l'amener aux réunions de travail et elle devînt vite un objet fétiche pour tout le monde. Nous vous laissons méditer sur ces quelques photos prises à la fin de notre petit tour dans ce quartier.



Vitrine d'un magasin vendant des maillots de Football